Tuteurage au potager, réflexions esthétique et pratique

Le tuteurage est souvent un casse-tête et prend pas mal de temps chaque année au potager. Selon la méthode choisie, le tuteurage peut aussi être un vecteur de casse ou de blessures des jeunes plants.

Cette année, on a mis le temps libre du confinement à profit pour faire un tuteurage permanent en noisetiers. Nous avons de magnifiques noisetiers qui méritaient une bonne taille. Ils nous ont fourni des pieux et tuteurs pour construire une treille permanente tout autour / au-dessus du potager.

Notre potager sous treille de noisetiers


Pourquoi avons-nous privilégié cette solution ?

Nous avons emménagé sur ce terrain il y a bientôt trois ans. Les étés sont de plus en plus chauds et l'orientation ouest de notre terrain nous a coûté de nombreuses pertes. Après trois ans d'expérience, nous avons opté pour une option permanente, robuste et permacole (multiples fonctions!) pour pleins de raisons :

  • Pour gagner du temps les années suivantes en tuteurage,

  • Pour réaliser un tuteurage solide qui ne bouge pas (nous sommes exposés aux vents).

  • Nous faisons pendre des fils en chanvre de la treille pour tuteurer les tomates et autres plantes légères grimpantes. Les fils limitent les blessures réalisées sur les plants lors d'un tuteurage traditionnel, permettent plus de souplesses, et de tuteurer plusieurs têtes de tomates à la fois. On sait bien que les tomates sont particulièrement sensibles aux entailles (mildiou). C'est aussi particulièrement bien adapté aux cultures en associations type buttes permacole où le tuteurage devient vite un casse-tête.

  • Notre terrain est orienté plein Ouest. En été, le potager souffre de la chaleur et des rayons rasants de fin de journée. Nous avons planté des courges, courgettes grimpantes, ipomées, capucines grimpantes au pied de chaque pieux afin d'avoir un couvert végétal sur la treille en plein été. Et donc de fournir une belle protection contre le soleil cuisant d'Ouest.

  • L'hiver, nous aurons la possibilité de bâcher la treille pour faire durer les cultures le plus tard possible et/ou les forcer en fin d'hiver.

Le résultat en photo sur nos buttes :


Comment tuteurer le pied de tomate avec un fil ?

Très simple (gain de temps garanti!) : il suffit de faire un nœud large à la base du pied (afin de prévoir la croissance du pied), et de l'attacher à la treille qui se trouve au-dessus du pied en laissant une certaine souplesse dans le fil (qui ne doit pas être tendu). Ce point est important car vous allez progressivement enrouler le pied de tomate autour du fil, et consommer de la longueur. Un fil tendu est plus court qu'un fil enroulé. Vous pouvez aussi laisser de la longueur de fil supplémentaire au niveau du nœud sur la treille pour redonner de la longueur à la corde si vous n'arrivez plus à enrouler doucement votre pied de tomate autour d'une corde trop tendue. Je suis fan de cette technique pour la douceur de tuteurage, la simplicité, la souplesse et le gain de temps énorme. Technique illustrée en image ci-dessous :

Autre type de tuteurage dans un carré, espace bien plus réduit. Je laisse grimper les concombres sur un tipi de noisetier. A terme je ferais des croisillons latéraux pour consolider la structure. Pour le moment je n'ai pas besoin de faire plus.

Enfin une méthode beaucoup plus traditionnelle de tuteurage, avec des cannes de Provence et des bambous. Les cannes de Provence sont très fragiles et ne durent pas plus d'une saison. De plus, les attaches sont traumatisantes pour le pied de tomate formant des plaies idéales pour laisser entrer les maladies cryptogamiques dans le végétal.

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